Achat du vues Facebook
Achat du vues sur Facebook par une agence de communication
Temps de lecture : 5 minutes

Les plus connus sont Facebook, Tweeter, Youtube ou Instagram, il en existe bien d’autres parfois très spécialisés comme Spotify pour la musique ou Linkedin pour l’emploi. Les réseaux sociaux font partie de notre quotidien mais on ignore souvent qu’il est facile d’agir sur l’audience qu’on peut y trouver. A condition toutefois d’y mettre le prix.

Le propagation « naturelle »

Sur les réseaux sociaux, on appelle « propagation naturelle » (ou « organique ») l’augmentation d’audience et de popularité qu’on obtient sans rien faire d’autre que de publier des articles, des photos ou des vidéos. La qualité des publications joue bien sûr un rôle, mais une personne qui n’aurait que quatre-vingts « amis » sur Facebook a très peu de chances d’atteindre un grand nombre de vues de sa dernière vidéo. Et sans doute se contente-t-elle de cela, son unique but étant de maintenir un contact avec ses proches.

Mais d’autres motivations guident beaucoup des utilisateurs de ces réseaux. Une entreprise ou un commerçant cherchent à agrandir sa clientèle ou vendre un nouveau produit ; une collectivité publique va chercher à diffuser une information auprès d’un public donné ; un magazine veut augmenter le nombre de ses lecteurs et attirer l’attention sur une publication particulière, c’est notre cas ; une personne publique vient y mesurer et développer sa popularité … On s’aperçoit vite que dès qu’il s’agit de dépasser une audience déjà acquise, la propagation naturelle atteint ses limites. Pour cette raison, chaque réseau propose une propagation payante vers une cible déterminée.

Acheter de l’audience

Sur Facebook, on appelle cela « booster » une publication. A partir de quelques dizaines d’euros, on peut acheter la diffusion d’une publication auprès d’un nombre choisi d’internautes. La durée, l’aire géographique, la tranche d’âge, les catégories socioprofessionnelles se déterminent au moment de l’achat et conditionnent le coût de l’opération. Il s’agit de déterminer une cible comme lors de l’achat de n’importe quelle publicité, mais les réseaux sociaux proposent des critères beaucoup plus fins et des prix bien plus intéressants que la publicité dans un magazine papier ou sur une antenne de radio. Pour quelques dizaines d’euros, on est assuré de toucher au moins 1500 personnes supplémentaires. Pratiquement tous les réseaux sociaux proposent ce service, certains mêmes peuvent être couplés comme Instagram avec Facebook.

L’utilisateur de ces réseaux doit alors être attentif à l’indication « contenu sponsorisé » ou « publicité » qui apparait près du titre de l’article. Pour peu qu’on soit un minimum vigilant, il n’y a pas là tromperie, puisque l’avertissement est clair.
Mais il y a mieux… ou pire !

Les agences de communication spécialisées

D’une façon tout à fait officielle, des agences de communication proposent de vendre des « likes », des « followers », des « fans » voire même des « retweets » ou des « partages ». En principe, les réseaux sociaux interdisent l’utilisation de faux comptes, parfois gérés par des serveurs informatiques sans intervention humaine ou presque, mais les contournements existent, évidemment.

Facebook limite le nombre d’amis à 5000 et peut intervenir auprès d’un utilisateur qui se livre à une recherche abusive auprès de personnes qui lui sont inconnues. Mais si on crée une page attachée à un compte pour promouvoir un produit, une cause ou une personne, il n’y a pas de limite aux nombres de « suiveurs » et quasiment aucun contrôle sur leur existence réelle. De même, Tweeter peut fermer un compte dont les « followers » sont fictifs, mais ne peut rien faire si ces comptes sont dormants ou si plusieurs centaines d’entre eux sont gérés par la même personne qui se contente de « retweeter « les mêmes publications. Et c’est là qu’interviennent les agences spécialisées.

Une agence propose 10 000 « fans » Facebook à travers le monde pour 209,99 €

Elles agissent en toute légalité et proposent leurs services sur le net. On les trouve très facilement sur un moteur de recherche en tapant simplement « achats de tweets » ou « achat de likes ». Et c’est très abordable. On peut acheter des « fans », des « intéressés » ou « participants » à un évènement, des « likes » bien sûr, des « vues » et même des commentaires sur Facebook. Une agence propose 10 000 « fans » Facebook à travers le monde pour 209,99 € ou 5000 « fans » français pour 599,99 €, la qualité se paie… 1000 participants à un évènement sont facturés 39,99 €, 100 commentaires 29,99 € et 25 »000 vues 19,99 €. On peut aussi bénéficier de promotions. Ainsi une autre agence propose en ce moment 3000 « followers » sur Tweeter pour 79,99 € au lieu de 87,99 €, et 500 000 vues d’une vidéo Facebook réparties sur deux semaines pour 299,99 € au lieu de 335,99 €. Pour les musiciens qui cherchent à promouvoir un clip ou un album, des services similaires sont proposés pour Youtube, Spotify ou Soundcloud.

Achat de followers Tweeter
Vente de followers Tweeter sur le site d’une agence de communication

A quoi ça sert ?

L’objectif le plus évident est publicitaire, et le rapport qualité/prix sans équivalent. De plus, au contraire des promotions officielles des réseaux eux-mêmes, les annonces ne sont pas entachées de l’étiquette « publicité » et peuvent ainsi plus facilement tromper les plus naïfs. Cependant l’intérêt premier est autre. 

Quelle que soit la qualité de ses tweets, si un compte n’a que quinze « followers », qui va le prendre au sérieux ? A partir de 1500, la réaction du lecteur est toute différente et il lira, il « likera », et peut-être même »retweetera ». Et là, la propagation naturelle va devenir intéressante puisque selon les algorithmes, elle sera quasiment exponentielle. Les publicitaires ont toujours agi de cette façon, quel que soit le support. Et à condition de respecter la liberté du lecteur, il n’y a pas d’autres moyens, pour une publication comme la nôtre, de dépasser un lectorat forcément restreint à l’origine.

Facebook, Tweeter ou Instagram sont des vecteurs irremplaçables pour qui voudrait faire croire qu’un élu filmé en train de ramasser les poubelles intéresse 500 000 personnes

Qu’en est-il en matière de communication politique ? On comprend facilement que vendre des idées – enfin, parfois les idées se résument à une élection ou une influence – ne relève pas des mêmes règles morales que vendre une tondeuse à gazon ou un journal. La loi française en tient compte puisqu’elle interdit l’achat d’audience sur les réseaux sociaux à des fins électorales. 

Beaucoup d’experts autoproclamés diffusent des vidéos qui ne deviennent « virales » que grâce à ces achats massifs d’audience. Facebook, Tweeter ou Instagram sont des vecteurs irremplaçables pour qui voudrait faire croire qu’un élu filmé en train de ramasser les poubelles intéresse 500 000 personnes. Pourvu qu’il y mette quelques centaines d’euros, ou bien sûr, que son talent soit l’égal de celui de Charlie Chaplin ou Buster Keaton.

J'ai eu des responsabilités politiques en Tarn-et-Garonne, notamment au Parti Socialiste jusqu'en 2012, et en dirigeant la campagne électorale de TEMS à Moissac en 2020. Je suis particulièrement attaché à l'éducation populaire, je lui dois ce que je suis devenu. Ses valeurs sont parfois dévoyées, son identité est parfois usurpée, mais depuis plus d'un siècle elle est un phare moral et politique. Je suis réalisateur de documentaires et l'auteur des chroniques de Marcel Duvel sur le blog Moissac au Cœur. Je suis membre du comité de rédaction d'Antidote.

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