Arène Théâtre
Eric Sanjou et Christophe Champain - Arène Théâtre à Coutures
Temps de lecture : 3 minutes

Depuis vingt ans, Arène Théâtre et Moissac ont une histoire ensemble. Histoire à laquelle le maire de Moissac met fin brusquement en dépit de toute légalité.

Rencontre à Coutures avec Eric Sanjou et Christophe Champain.

Des débuts difficiles

La troupe débarque en Tarn-et-Garonne en 1994, un an après sa création à La Roche-sur-Yon. A cette époque, Moissac est impénétrable, les contacts avec Germinal Clément, responsable des affaires culturelles de la ville et directeur du renommé Festival des Voix, sont inexistants. Jusqu’à 2001 et « Cabaret Minute » au festival Carambole. Dès lors, Moissac s’ouvre à l’Arène. Michèle Fontaine, après Germinal Clément, l’accueille désormais chaque année.

De lectures poétiques dans les jardins en créations avec le centre culturel, l’Arène attire l’attention du service culture du Conseil régional qui insiste auprès de la ville pour une résidence permanente. Franck Bousquet, conseiller municipal, convainc le maire, Jean-Paul Nunzi, de signer une convention pluriannuelle de résidence. « Implantation conviendrait mieux » nous dit Eric Sanjou

« Depuis 2011, nous étions la compagnie permanente implantée à Moissac ». Le siège social et le bureau sont hébergés au centre culturel. Le Hall de Paris, l’une des plus belles salles du département, leur est ouvert plusieurs fois par an pour des créations nouvelles. Jamais les élus et la direction du centre culturel n’interviendront dans leurs choix artistiques audacieux et parfois dérangeants. 

Le temps de l’Arène

Moissac devient un centre de création et de diffusion artistique qui rayonne bien au-delà des limites de la région. L’Arène y donne une création originale chaque année, ouvre un atelier théâtre pour tous, animé avec la même rigueur que les spectacles professionnels, et accueille d’autres compagnies au cours d’un festival : Le temps de l’Arène

En dix ans, dix spectacles. Des auteurs magnifiques… et difficiles : Eugène Ionesco, Valère Novarina, Jean-Luc Lagarce, Federico Garcia-Lorca, Virginie Barretau et… Eric Sanjou. Le onzième devait être Hamlet de Shakespeare dans sa version intégrale de quatre heures. Mais le coronavirus et l’obscurantisme politique ne le permettront pas. La liberté de ton et de pensée, la défense des différences ne plaisent pas au nouveau maire de Moissac élu en 2020. Le Rassemblement National ne fréquente pas la création artistique. (Voir l’article de Véronique Malange, le maire de Moissac rompt la convention avec Arène Théâtre).

Regarder vers demain

Coutures est un village agricole du sud de Tarn-et-Garonne. Depuis 1994, c’est un lieu de création et de rencontre animé par Eric Sanjou et Christophe Champain. L’un écrit, conçoit les spectacle et les met en scène, l’autre gère la compagnie et suit la production des spectacles. Tous deux sont comédiens et manient l’aiguille et le marteau, car le théâtre c’est aussi la magie qui nait des costumes, des décors, de la lumière, de la musique… et des bouts de ficelle. En tout cas, le théâtre tel qu’on le pratique ici.

J’ai toujours envie de croire que la beauté sauvera le monde

Cette vision d’un art a donné naissance aux Décousues. Chaque fin d’été, dans la cour de la ferme où s’est installée la compagnie, on découvre la dernière création, on rit avec les amis venus participer à la fête, on se régale de la cuisine d’Eric et on discute sous les étoiles. Coutures deviendra le lieu de création, de diffusion, de formation et d’expérimentation dont le XXIème siècle a besoin. Les conseils départementaux et régionaux sont partants, le public attend le début de l’aventure. Et tant pis pour Moissac.

« J’ai toujours envie de croire que la beauté sauvera le monde » nous dit Eric Sanjou, Christophe Champain sourit et acquiesce. Moissac et les esprits rabougris qui règnent sur la mairie sont vraiment très loin.

J'ai eu des responsabilités politiques en Tarn-et-Garonne, notamment au Parti Socialiste jusqu'en 2012, et en dirigeant la campagne électorale de TEMS à Moissac en 2020. Je suis particulièrement attaché à l'éducation populaire, je lui dois ce que je suis devenu. Ses valeurs sont parfois dévoyées, son identité est parfois usurpée, mais depuis plus d'un siècle elle est un phare moral et politique. Je suis réalisateur de documentaires et l'auteur des chroniques de Marcel Duvel sur le blog Moissac au Cœur. Je suis membre du comité de rédaction d'Antidote.

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