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Le nôtre, entendons-nous bien, celui de Moissac-Castel, hein ! 

Celui-là, il faut le défendre !

C’est la teneur du discours qu’il nous fut donné d’entendre au Hall de Paris, ce jour de 2015 où un fameux Praticien toulousain nous déclarait son attachement particulier à cet hôpital-là…

Menacer le service de chirurgie de Moissac, c’est pas juste ; les gens y sont si gentils, si dévoués, les équipes soudées, motivées ! 

Et puis attention, « l’hôpital de Castelsarrasin-Moissac a une particularité qui le distingue des autres petits hôpitaux » ! Car d’après lui, les patients du bassin moissagais venaient dans cet hôpital-là par choix, alors que « partout ailleurs » ils se rendaient à leur hôpital par manque de choix… 

Voir l’article de la Dépêche du Midi du 9 octobre 2015

Ben ça alors ! 

Ce Professeur ne nous invitait pas à nous soulever contre le démantèlement de l’hôpital public français organisé par la komandantur européenne, non, rien de si « politique ».

« Sauver » seulement l’hôpital de Moissac aurait fait apparemment son bonheur, comme celui de la majorité de l’assemblée. Celle-ci explosa de joie quand l’organisateur de la soirée, le chirurgien qui visiblement tenait l’hôpital de Moissac  sur ses seules épaules, nous révéla sur grand écran et en direct live son argument définitif, notre nouveau slogan offensif, imparable : « Parce que nous le valons bien » (si si !)

Quelle belle soirée ! Le nouveau maire, l’ancien maire, les syndicats, tout le monde était là ; un succès certes local, mais… la nuée porte l’orage. Apprécions aujourd’hui le résultat.

La révélation 

Nous avons saisi toute la logique de cette démarche lorsque, arrivant sur notre destrier meïdin Japan aux portes de l’aimable cité de Lannemezan, notre élan fut stoppé par une banderole clamant « Sauvez l’Hôpital de Lannemezan ! ». Une bruyante indignation, partagée par tous les acteurs de la vie locale (les mêmes qu’ailleurs), vantait les qualités et mérites inégalés de cet hôpital-là. 

Toutes classes sociales, de tous bords politiques, unanimes, rassemblées pour « leur » hôpital… 

Et rien ne change jamais. Étonnant, non ?              

Alors, tout s’éclaira : tout le monde semble s’accorder sur une vision des mobilisations citoyennes qui ne menace jamais vraiment les grands choix politiques décidés ailleurs, plus haut, alors que ceux-ci mènent tout droit à l’euthanasie programmée de tous les services publics.

Car le projet européen néolibéral, l’idéologie forgée pour tuer le vieil idéal socialiste, a besoin de stabilité sociale, et que perdure le statu quo.

Alors un consensus informel, même pas un complot, une convergence d’intérêts, se dessine : empêcher la colère des populations des « territoires » (ces morceaux de France désunie) de menacer « les grands équilibres ». On les encourage donc à concentrer leurs efforts et la totalité de leur capacité de mobilisation sur des actions ponctuelles, locales et limitées. Contenir leurs mécontentements, les laisser croire que les enjeux sont locaux et que c’est le bon niveau pour l’intervention citoyenne. Bref, les empêcher de faire de la politique. D’où les grandes messes œcuméniques mobilisatrices (tous ensemble, fi des classes sociales !), où l’on se montre proche du peuple et soucieux de l’intérêt général pour pas cher… Et les incontournables défilés dans les rues relayés par la presse… locale.

Ces « populations », strictement cantonnées au « terroir » local, et donc condamnées à se débattre sans cesse dans leur bocal isolé des autres, croient « défendre » leur hôpital, leur école, leur bureau de poste, leur centre des impôts (quoique), sans jamais gagner ni rien changer au fond, la conscience tranquille toutefois et la paix sociale préservée.

Et tout au bout de l’épuisement, la déception, le dégoût, le vote pour « tu sais qui » qui s’empressera de brandir le même flambeau du combat truqué « pour Notre Hôpital ! ».

Né en 1955, j'ai grandi dans le Béarn au milieu de mes 5 frères et sœurs sur le petit revenu de mon père artisan. Je suis retraité du nucléaire, où je bossais "en 1ère ligne" et où j'ai dû combattre syndicalement l’obsession financière, les ravages du management et l'impasse de la soumission. Alors à Antidote je mêle ma voix très à gauche à d'autres voix dans une ambition commune d'éducation politique populaire. Je l'avoue, j'avais choisi une autre photo de présentation, en m'appuyant sur les dernières recherches en stratégie de communication. On me voyait tenant 2 sacs-poubelle, génial ! Je m'étais inspiré des meilleurs comme "Moissac Mag", une référence. Mais ça a déjà été fait. J'essaierai donc de mettre plein de photos de Moi dans mes articles. Il paraît que les gens aiment tellement les images qu'on peut alors écrire n'importe quoi, ils vous aiment.

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